« Nous voici donc, hélas ! à ce jour détestable
Dont la seule frayeur me rendait misérable !
Ni prière ni pleurs ne mont de rien servi,
Et le courroux du sort voulait être assouvi.
O toi, soleil, ô toi qui rends le jour au monde,
Que ne las-tu laissé dans une nuit profonde !
A de si noirs forfaits prêtes-tu tes rayons ?
Et peux-tu sans horreur voir ce que nous voyons ?
Mais ces monstres, hélas ! ne tépouvantent guères :
La race de Laus les a rendus vulgaires ;
Tu peux voir sans frayeur les crimes de mes fils,
Après ceux que le père et la mère ont commis.
Tu ne tétonnes pas si mes fils sont perfides,
Sils sont tous deux méchants, et sils sont parricides ;
Tu sais quils sont sortis dun sang incestueux,
Et tu tétonnerais sils étaient vertueux. »

Jocaste, La Thébaïde, I, 1.

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